Le snapback, l’oiotoshi et l’atari sur la seconde ligne

Le snapback, l’oiotoshi et l’atari sur la seconde ligne

Après avoir vu le double atari, le shicho et le geta ici, on va maintenant attaquer 3 autres techniques ou façon de capturer des pierres au go : le snapback, l’oiotoshi et l’atari sur la seconde ligne. Après ça on aura fait le tour des différentes méthodes de base pour capturer des pierres, et on pourra se concentrer plus activement sur la stratégie du jeu !


Attaquons tout de suite la première technique avec un exemple. Voyez-vous un moyen de capturer les deux pierres blanches marquées ?

En fait il n’y a que deux possibilités pour réduire les libertés du groupe blanc. Peut-être avez vous pensé à celle-ci :

Tentative 1

Malheureusement blanc peut connecter solidement avec le coup 2 et ses deux pierres sont maintenant reliées à tout le groupe blanc ! Cela ne nous laisse qu’une seule possibilité :

Tentative 2

Ce coup semble un peu bizarre, noir se met lui-même en atari ! Sa pierre en 1 n’a qu’une seule liberté, blanc peut donc la capturer avec le coup 2 suivant :

Sauf qu’après avoir capturé la pierre, on s’aperçoit que c’est maintenant le groupe blanc qui n’a plus qu’une seule liberté ! Noir peut donc capturer les trois pierres de la façon suivante :

En fait, lorsque noir joue le coup 1 au début de la séquence, blanc n’a aucun moyen de sauver ses deux pierres : elles sont déjà mortes. Le nom de cette technique en japonais est Uttegaeshi. Mais les francophones ont certainement du trouver ce nom un peu trop barbare puisqu’on utilise plutôt son nom anglais : le snapback. Beaucoup plus clair !

Encore une fois je vous mets quelques exercices pour vous entraîner à bien visualiser les snapbacks, n’hésitez pas à regarder les variations en cliquant sur le point d’interrogation :

 

 

 

 

 

 


La deuxième technique que nous allons voir est un peu particulière dans le sens où ce n’est pas vraiment une technique. C’est plutôt un problème de manque de liberté dans un groupe adverse qui vous permet directement de capturer quelque chose. Voyez plutôt :

Bon j’ai créé la situation un peu pour les besoins, mais ce type de forme peut réellement arriver en partie ! Noir peut capturer au moins trois pierres blanches si c’est à lui de jouer :

Après le coup noir 1, connecter les pierres blanches avec le coup 2 est une grossière erreur ! Les 6 pierres sont maintenant en atari, et noir peut les capturer avec le coup 3 suivant :

Lorsque noir fait atari aux deux pierres blanches avec le coup 1, il est plus sage pour blanc de répondre en 2 et laisser noir capturer simplement trois pierres avec le coup 3 :

Cette technique a un nom japonais : l’oiotoshi. Mais il est également peu utilisé par les francophones. On dira plus souvent que les pierres blanches sont en manque de liberté, ou damezumari.

Pourquoi manque de liberté ? Et bien si on reprend le même exemple, mais qu’on rajoute une liberté aux 3 pierres blanches, que se passe-t-il ?

Dans ce cas, noir ne peut plus capturer aucune pierre blanche ! Il est contraint de retirer les libertés du groupe une par une, mais pendant ce temps blanc peut connecter toutes ses pierres :

Peut-être que vous comprenez mieux pourquoi les pierres blanches étaient en manque de liberté tout à l’heure. Une seule liberté peut faire toute la différence : sauver ses pierres ou les perdre.

Quelques exercices :

 

 

 

 

 

 


La troisième technique que nous allons voir est également cruciale à connaître. Ce n’est encore une fois pas vraiment une « technique de capture » à part entière, mais plutôt une situation particulière qui arrive sur le bord du plateau (très souvent). Mettons la position suivante, que pensez vous de la pierre blanche ?

Elle semble bien en mal, elle n’a qu’une seule liberté. En fait, elle est déjà morte ! Blanc ne peut rien faire pour la sauver. S’il essaie de s’étendre de la façon suivante :

Noir n’a même pas besoin de répondre au coup blanc ! Les deux pierres ne peuvent pas s’échapper, regardez plutôt si blanc persiste :

Noir le bloque avec le coup 4, et si blanc tente encore une fois de s’échapper avec le coup 5, noir peut le capturer :

Bref, la pierre blanche était morte depuis le début ! Cette situation est très courante, on peut l’appeler l’atari sur la seconde ligne car la pierre blanche est en atari … sur seconde ligne.

Voici pour finir les 3 derniers exercices pour cette partie :

 

 

 

 

 

 


Avec tout ce que l’on a vu dans cet article et le précédent sur les getas/shichos, vous allez devenir de véritables chasseurs de pierres 🙂 C’est toujours agréable de capturer des pierres adverses, surtout avec des belles séquences. Je tiens tout de même à rappeler encore une fois que la capture des pierres n’est pas la finalité du jeu, mais il est parfois vital dans une partie de connaître des techniques de capture pour défendre son groupe, ou attaquer un groupe adverse.

On va dans les prochains articles se concentrer maintenant sur la stratégie du jeu en début de partie mais aussi comment jouer simplement en fin de partie pour fermer les territoires (chose que les débutants ont un peu de mal à visualiser).

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Johan

Merci, les exos m’ont semblé plus faciles que d’habitude ! Peut-être que je progresse sans m’en rendre compte.

Bob dylan

Limpide. J’aime le contenu.